Le non-livre
Nicolas Geiser
2006


Livre relié par un une spirale blanche qui ferme le livre sur les 4 côtés.
14 cm x 19 cm. Dos cartonné.


Le non-livre

Ceci n’est pas un livre. Au recto, une couverture mentionnant titre et nom d’auteur, Nicolas Geiser, et au verso, un carton gris.
Les quatre côtés sont reliés par une spirale blanche.

Scellé, protégé par la clôture d’une spirale, ce livre d’artiste est non ouvrable, non lisible. Il restera secret.
Tout est retrait, la gamme chromatique passant du beige au gris, les signes d’écriture qui se limitent au minimum des mentions livresques et les feuillets qui sont emprisonnés définitivement.

Ceci est un livre mimé. Rien n’est livré si ce n’est l’illusion, le simulacre d’un livre, mis en scène sur une surface de théâtre, sans profondeur ni coulisses ; la spirale joue le rôle du cadre et la couverture celui du rideau.

Ceci est une figure de rhétorique, un trait d’humour magrittien, avec une proposition alogique :
A  = Non A.
Visible = Non Lisible.
Antithèse qui fait principe de visibilité dans ce livre d’artiste basculant dans une sémiotique, dans un langage des signes. Le non-livre est une enseigne, un panneau de sens interdit qui se joue de la nature faite livre.


« N’est-ce pas moi qui décide du coefficient d’adversité des choses et jusque de leur imprévisibilité en décidant de moi-même ? »*

Valentine Oncins

* J.P. Sartre, L’Être et le Néant, Paris, Éd. Gallimard, 1976, p.613.