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Les filons correspondent à des fractures remplies et ils se surimposent aux structures géologiques, raison pour laquelle on dit qu'ils sont discordants avec leur encaissant. Leurs dimensions sont très variables, tout comme d'ailleurs leurs teneurs en substances utiles. Dans notre région, les remplissages filoniens, c’est-à-dire le processus de minéralisation, débutent au Permien (fin du Paléozoïque) et se terminent au Lias (Mésozoïque inférieur).

La structure des filons est modélisée dans la figure 1 (planche 12). Les parois latérales sont appelées épontes. Lorsque le filon n'est pas vertical, l’éponte supérieure est nommée toit, l’inférieure est nommée mur. Les épontes sont souvent tapissées d’une couche argileuse très compacte appelée salbande ; la salbande fait le bonheur des minéralogistes : elle permet souvent d’y récolter des cristallisations parfaites car bien protégées de l’altération. L'intérieur du filon, donc le plus important, est nommé gangue. La gangue n'est pas le minerai métallique, elle l'héberge. Elle est formée de minéraux non métalliques et théoriquement sans intérêt économique. En fait, dans notre région, nombreuses sont les gangues filoniennes qui ont une très grande valeur économique, comme celles qui sont constituées de barytine et de fluorine. Le minerai métallique peut être abrité dans la gangue filonienne ou se trouver aux épontes, lieu de prédilection pour le passage des fluides lorsque le filon est comblé.

Nous avons vu que les minéralisations reflétaient la différenciation extrême des magmas et qu'elles étaient donc tardi-magmatiques voire post-magmatiques. Les filons les plus précoces sont remplis de matériaux proches des roches magmatiques et peu minéralisés, les plus tardifs sont beaucoup plus minéralisés. Cette chronologie correspond par ailleurs à une baisse progressive de température au cours de laquelle on distingue 3 étapes majeures (voir planche 12, figure 4) :

-     entre 800° et 600° la phase pegmatitique, qui produit des roches à très gros cristaux : les pegmatites,

-     entre 600° et 400°, la phase pneumatolytique, caractérisée par son cortège de minéraux rares,

-     entre 400° et 100°, la phase hydrothermale.

Etant la dernière du magmatisme, la phase hydrothermale est caractérisée par les fluides les plus évolués. De plus, ces fluides peuvent se charger d'éléments mis en solution au cours de leur ascension à travers les roches. On comprend alors pourquoi ils sont à l'origine des plus importantes minéralisations de la région.

A la température de formation des fluides magmatiques s'ajoute un autre paramètre, thermique lui aussi. Il s'agit de la température à laquelle s'effectue le remplissage des fractures par les fluides, c'est-à-dire de la température de formation des filons. Ce paramètre conduit à reconnaître 3 types de filons :

- les filons hypothermaux, formés à des températures de 500° à 300° C, à cheval sur les stades pneumatolytique et hydrothermal. Ils fournissent des minéraux de haute température, tels grenats, tourmaline, magnétite, avec présence de métaux de haute température,

- les filons mésothermaux, formés à des températures de 300 à 200° C, avec gangue de quartz ou de carbonates et présence ou non de barytine,

-  les filons épithermaux formés à des températures inférieures à 200° et dont la gangue est faite d’associations variables de quartz, barytine, fluorine, calcite etc.

Dans notre région, ce sont  les deux dernières catégories qui dominent et elles sont souvent riches en minéraux métalliques.

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